Historique

Plus de 60 ans d'engagement culturel et citoyen à Salon-de-Provence

Depuis sa création en 1962, la MJC de Salon-de-Provence s’inscrit dans le mouvement de l’éducation populaire.
Lieu d’engagement citoyen, de pratiques culturelles et sportives, et d’expérimentations collectives, elle accompagne depuis plus de 60 ans les habitants de tous âges dans leur émancipation, leur créativité et leur participation à la vie locale.

Photo d'après-guerre - Inauguration d'une maison des jeunes

Le mouvement des MJC se structure massivement après la 2ème guerre mondiale.

En 1944, à la libération, la république des jeunes, association nationale initiée par André Philip en rassemblant des mouvement de jeunesse et d’éducation populaire, des syndicats et des réseaux de jeunes résistants, porte le projet de fédérer les organisations existantes et développer des Maisons de Jeunes sur tout le territoire.

Elle devient, en 1948, avec une forte impulsion de l’état, la Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture, avec cette mission de promouvoir des activités culturelles et socioculturelles, vecteur d’épanouissement personnel, de laïcité, de citoyenneté active et de vivre ensemble.

Les années 1948-1966 sont marquées par un fort développement et de création de MJC, plus de 1200 structures voient le jour en France durant cette période.

C’est dans ce contexte qu’a été ouverte en septembre 1962, la MJC de Salon-de-Provence.

Comme toutes les MJC, l’objectif fondateur est d’être un lieu d’éducation populaire visant à rendre accessible à tous les outils de l’émancipation, de la culture et de la citoyenneté.

Hors des cadres institutionnels, au sein du « temps de loisir », l’éducation populaire est une éducation par la pratique volontaire de la vie de groupe, la confrontation, le partage. Elle ne se limite pas à la culture académique ou élitiste.

Elle cherche par des pratiques actives plutôt au travers de cultures populaires, un apprentissage de la citoyenneté : art de parler en public, de savoir écouter, de gérer un groupe, de s’intégrer à la société…

Selon Benigno Caceres, c’est l’ensemble des moyens qui permettent de donner à tous les hommes l’instruction et la formation nécessaires afin qu’ils deviennent des citoyens aptes à participer activement à la vie du pays.

Selon Jean Laurain, c’est avant tout la pratique de la démocratie ! C’est apprendre aux gens à se prendre en charge, à traîter eux-mêmes leurs propres problèmes.

Éducation populaire à Salon-de-Provence

Socle fondateur de l’éducation populaire à Salon-de-Provence, la MJC aura dès sa création un rôle primordial dans le développement et la pratique du sport en hébergeant plusieurs clubs ou activités sportives ne disposant pas de locaux ou d’équipements dédiés (basket, handball…).

D’ailleurs, la dénomination initiale du site était « Centre de Jeunesse et de Sport ».

L’implantation de la MJC sur le boulevard Aristide Briand a permis également de structurer et développer les équipements sportifs et culturels dans ce secteur de la ville, qui comptait 21400 habitants en 1962, et de le doter d’un ensemble sportif et culturel conséquent.

Judo dans la rue
  • 1962 => Création de la MJC de Salon-de-Provence
  • 1963 => Centre nautique

Ces 2 équipements seront d’ailleurs inaugurés en même temps, en juillet 1963, par Maurice Herzog, haut commissaire à la jeunesse et aux sports.

  • 1974 => Création CMAC (Centre Municipal d'Actions Culturelles) et du Foyer des Jeunes Travailleurs
  • 1982 => Création de la bibliothèque
  • 2000 => Création de la Halle de Coubertin

Archive L'équipe : Salon-de-Provence designé comme la ville la pmlus sportive de France en 1976

 

Rappelons que la ville de Salon-de-Provence a été désignée ville la plus sportive de France en 1976…

Le projet de création de la MJC a été une ambition portée par la municipalité de Jean Francou et dans lequel s’est particulièrement investi son adjoint Paul Bourret qui en fut le président pendant 25 ans.

Paul Bourret (23/06/1918 – 23/08/1993) était professeur agrégé à la faculté de médecine et pharmacie de Marseille. Il a été chirurgien-chef à l’hôpital de Salon-de-Provence.

Durant cette période de son activité professionnelle, il y a expérimenté une « antenne mobile de réanimation », c’est à dire un véhicule médicalisé intervenant sur le lieu d’un accident pour prodiguer les premiers secours aux blessés. Ce modèle de secours préhospitaliers initié à Salon en 1957 s’est peu à peu généralisé dans d’autres villes de France, et après plusieurs évolutions et consolidations, ce dispositif a conduit à la création de ce que l’on connait aujourd’hui sous le nom de SAMU (Service d’Aide Médicale Urgente). Cette initiative de Paul Bourret a ainsi été fondatrice pour la médecine d’urgence moderne en France.

 

En parallèle de son activité médicale, il a aussi eu un engagement public : il fut adjoint au maire de Salon-de-Provence pendant plus de 30 ans, et conseiller régional pendant 12 ans.

Discours de papi Augé

Durant cette période, pour épauler techniquement le conseil d’administration, une dizaine de directeurs se sont succédés. Citons plus particulièrement Jean Joly, directeur issu de la Fédération des MJC, qui avait pour adjoint Jean Augé, célèbre « Papy Augé », agent municipal qui développera surtout les activités, stages et compétitions sportives.

Après son premier quart de siècle d’existence, la MJC ne sera plus présidée par un représentant de conseil municipal, mais par des membres actifs élus au sein de l’association, lui conférant ainsi une plus grande indépendance vis-à-vis de la municipalité.

Dès son ouverture, la MJC comptait 500 adhérents, dont 80% sur des activités sportives. Très vite, son projet associatif intègrera le développement d’initiatives culturelles (poterie, céramiques, jazz, ciné amateur…), ainsi que des expositions, veillées lecture ou des séances d’écoute et de pratique musicale.

Notons également la mise en œuvre d’un programme éducatif (débats et journées de réflexion sur des sujets de société, organisations de fêtes durant le 1er mai) associant des établissements scolaires, des syndicats et d’autres mouvements de l’éducation populaire.

Section danse - une autre époque
Centre de jeunesse et de sports salon de provence

Les années 90

Le début des années 90 va donner un nouvel essor à la MJC. 

Tout d’abord par l’ouverture de son annexe des Canourgues en 1994. Elle résulte d’un des premiers programmes de la Politique de la Ville (cofinancement ville / état / département). 

Puis, en 1995, sera créée la salle de fêtes (Espace Charles Trénet) en lieu et place du gymnase du centre ville. Ceci aura pour conséquence une nouvelle cohabitation de deux activités distinctes, l’une municipale, l’autre associative pour la gestion et l’occupation des lieux.

En perdant son gymnase, la MJC connaîtra un profond rééquilibrage sport / culture.

Autour des années 2000, bon nombre de sections sportives créées à la MJC la quitteront pour devenir des clubs autonomes (hockey sur gazon, volley, tennis de table…).

Malgré ces départs, la MJC poursuivra son offre de loisirs au quotidien. En 2005, cela atteindra 2500 adhérents, classant la MJC de Salon-de-Provence comme l’une des plus importantes de PACA.

Si l’on excepte la période du COVID, compliquée pour tous, durant laquelle le nombre d’adhérents a chuté à 1100, la MJC a su maintenir, voire amplifier, son attractivité pour devenir un acteur clé de la vie associative salonaise, en proposant plus de 80 disciplines, et attirant aujourd’hui près de 2300 adhérents.

Logo mjc

Attentive aux nouveaux enjeux de l’inclusion et du développement durable, la MJC demeure fidèle à ses valeurs fondatrices issues de l’éducation populaire, et telles qu’elles sont énoncées dans son projet associatif.